Interview de Sélim Mazari

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

J’ai débuté le piano à l’âge de 5 ans, auprès de Suzel Ginisty, élève de Brigitte Engerer. En 2004 je suis rentré au Conservatoire National de Région de Paris, dans la classe de Pierre Réach, où j’y ai obtenu deux ans plus tard mon prix, puis mon diplôme de perfectionnement. Parallèlement j’ai obtenu mon baccalauréat littéraire l’année dernière. Après être entré au CNSM à l’unanimité en 2007, je suis actuellement en 3ème année de licence dans la classe de Brigitte Engerer. Je me sens très heureux de travailler avec cette dernière, qui m’apporte énormément de bonheur musical et de conseils avisés! J’ai également la chance de me produire, dans des festivals tels que « Mille et une notes »,  »Les vacances de Monsieur Haydn » ou encore « Pianoscope », où je peux y présenter les oeuvres que j’étudie avec mon professeur!

Quel fut votre premier contact avec la musique classique ?

J’ai toujours eu la chance de vivre autour de la musique, entre autres grâce à des parents mélomanes, mais je pense que sans ma voisine de l’époque (qui est devenue mon premier professeur par la suite), qui par sa motivation et son amour pour la musique, je n’aurais jamais étudié le piano. Je la remercie beaucoup, et bien évidemment ma mère qui a toujours su me passionner et me faire découvrir la musique (ou même la littérature et la peinture!)

Quel est votre compositeur préféré ?

J’ai souvent du mal à répondre à cette question, alors peut-être par périodes je distingue certains compositeurs -en général en accord avec les morceaux que je travaille. par exemple, en ce moment j’ai beaucoup d’admiration et d’émerveillement pour Schubert (je travaille par ailleurs la Wanderer fantaisie… Quelle coïncidence!).
Bien qu’en général j’aime la plupart des compositeurs, j’en privilégie parfois cerrtains, mais je m’éfforce d’ignorer ces préférences, étant beaucoup trop jeune pour me revendiquer « lisztien » ou « Schubertien », ainsi j’étudie le maximum de répertoire, pour construire un répertoire éclectique.

Selon vous que faut-il faire pour rendre la musique classique accessible à un public plus large et aux jeunes en particulier ?

Démocratiser la musique classique est une chose essentielle, ainsi notre art souffre d’une mauvaise image, « élitiste »,  »vieillote », mais les artistes qui m’entourent, je pense par exemple à mon professeur, ne représentent absolument pas cette image, j’admire beaucoup le fait qu’elle joue dans des hôpitaux (la salpétrière). Je m’efforce donc de suivre ce chemin, j’ai joué dans des maisons de retraites, et y voir l’émerveillement de tant de personnes qui viennent écouter pour leur plaisir et non pour se « faire voir » commme dans certaines salles de spectacles, me donne du baume  au coeur.
En ce qui concerne le plus jeune âge, je pense qu’expliquer le contexte, et les oeuvres que nous aborderons tout au long des concerts, est quelque chose d’essentiel, ainsi les enfants n’ont plus la sensation d’un « mur » entre eux, et la scène, un fossé qui séparerait leur monde de la musique. Pour finir, je pense que consacrer plus de temps dans les médias pour la musique classique, (quitte à « sacrifier » quelques heures de télé-réalité!! ça ne ferait pas de mal) et surtout les placer à des horaires accessibles serait une excellente chose.
Voir des concerts extraordinaires de Rostropovitch, ou de Horowitzc, à 2h du matin c’est quelque peu gênant… Mais je suis très optimiste pour le futur, ayant l’impression que le fossé entre la musique – voire même la culture en général – et le public s’amenuise de jour en jour!

Quel sont vos projets pour 2011 ? Et pour les 3 prochaines années ?

Pour cette année, je voudrais réussir mes engagements (concerts, festivals), et peut-être trouver le temps de participer à un concours.  Pour les prochaines années, obtenir une belle récompense à mon Prix de CNSM serait une bonne base. Le reste, j’en discuterai avec mon professeur et y réfléchirai plus longuement car pour l’instant, au vu de mon  travail quotidien il est difficile de me projeter si loin dans le futur !

Propos recueillis par Francis Valluet